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La peur du rejet

 
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chaneline
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Inscrit le: 24 Mar 2009
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Localisation: morbihan

MessagePosté le: Dim 17 Jan - 00:26 (2010)    Sujet du message: La peur du rejet Répondre en citant

La peur du rejet est sans doute l’émotion qui s’apparente   le plus à la peur de la mort. C’est aussi la plus difficile qu’ait à éprouver un être humain. Cette peur du rejet est plus douloureuse que toutes les autres craintes, qui découlent souvent d’une peur inconsciente d’être rejeté. En effet, les peurs de n’être pas performant, de n’être pas suffisamment beau ou intelligent, de ne pas avoir d’argent ou d’emploi, de ne pas avoir l’énergie pour suivre le groupe familial ou social, naissent toutes du désir profond d’établir avec les autres un état relationnel dans lequel on se sentirait important, apprécié et désiré.
 La peur du rejet peut apparaître dès la naissance. Vulnérable et faible, le nouveau-né a besoin de quelqu’un pour prendre soin de lui et lui permettre de survivre en toute sécurité. Ce besoin de sécurité est souvent comblé de façon satisfaisante par les parents, dont c’est le devoir et la responsabilité. Mais s’il ne l’est pas, et c’est trop fréquemment le cas, il s’installe très vite en l’enfant ainsi négligé un sentiment de rejet qui risque de l’habiter toute sa vie.
 Si la peur du rejet existe, c’est donc que le rejet existe aussi. Cette peur n’est pas le produit de l’imagination ni d’une déformation de l’âme. L’observation des animaux a permis de constater que certains petits sont rejetés par le troupeau, dès leur naissance, parce qu’ils ne sont pas assez forts pour survivre ou parce qu’ils risquent de menacer l’équilibre du groupe. Même des animaux adultes peuvent être expulsés d’un clan, par exemple lorsqu’il y a un conflit de pouvoir entre deux mâles reproducteurs. C’est le plus fort qui l’emporte, et l’autre est condamné à errer jusqu’à ce qu’il trouve une nouvelle meute et réussisse à se faire accepter par elle. De façon plus générale, on peut observer que tout organisme vivant tend à rejeter les éléments qui perturbent son fonctionnement. Notre corps, par exemple, nous invitera à rejeter, par le vomissement, une substance nocive qui risquerait de nous rendre malade.
 Chez l’être humain, la peur du rejet contient donc au départ des éléments de réactions instinctives saines et naturelles. Il ne faut pas automatiquement la percevoir comme une dysfonction marginale dont ne seraient atteints que certains individus plus faibles ou plus dépendants. La peur du rejet peut cependant devenir maladive lorsqu’elle n’est pas comprise et qu’elle réussit à perturber l’équilibre d’une personne. C’est le cas, par exemple, des dépendants affectifs, qui ont une grande peur du rejet et qui orientent toute leur vie en fonction d’elle, soit en vivant dans la soumission la plus totale, soit en cherchant à être rejetés, tant et aussi longtemps qu’ils n’auront pas fait la paix avec leur peur et qu’ils n’en auront pas compris l’origine. En fait, la dépendance affective est, chez ceux qui en sont atteints, l’expression de leur très grande peur d’être rejetés et de leur carence émotionnelle due au fait que le besoin de sécurité de l’enfant qu’ils ont été n’a sans doute jamais été comblé de façon satisfaisante.
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 La plupart d’entre nous ont sûrement, un jour ou l’autre, ressenti la peur du rejet sans nécessairement être devenus des dépendants affectifs. Ce n’est pas mon cas puisque, par peur du rejet, j’ai vécu pendant de nombreuses années ce handicap difficile de la dépendance affective. Heureusement, j’en suis sortie plus forte, et plus apte à comprendre ce phénomène répandu.
 Mal comprise et mal canalisée, la peur du rejet conduit bon nombre d’individus, actifs socialement et en apparence très heureux, à poursuivre une quête épuisante dont le seul objectif est de se faire aimer. Cette quête peut ainsi amener une personne, presque à son corps défendant, à prendre tous les moyens à sa disposition pour être aimable. Par exemple, un enfant s’appliquera à avoir de bons résultats scolaires, ou à être le meilleur dans un sport, dans le seul but de plaire à papa et à maman, dont l’amour, lui semble-t-il, doit être mérité. À l’âge adulte, ce même individu voudra sans doute épater sa conjointe en occupant un emploi prestigieux, en gagnant de plus en plus d’argent ou en lui procurant la plus belle maison du quartier. Chez la femme, ce besoin d’être aimable pourra se manifester par une obsession compulsive à entretenir la maison de façon impeccable, par la nécessité d’être toujours bien coiffée et habillée comme une carte de mode ou, pire encore, par le fait d’être toujours disposée à avoir des rapports sexuels, même si le goût n’y est pas. La peur du rejet conduit certaines femmes à devenir des super-women: tout en ayant un emploi à temps plein, elles se sentent obligées d’être une amante attentionnée, une mère exemplaire et une maîtresse de maison parfaite. Elles sont souvent des candidates au syndrome de l’épuisement nerveux, et sont rarement, même en tenant le coup à ce rythme infernal, des personnes épanouies et sereines.
 La peur du rejet amène certains individus à adopter des comportements sociaux exigeant d’eux l’abdication de leur tempérament et le déni de leur personnalité. Par exemple, sur le plan professionnel, par peur de déplaire et de se faire des ennemis, ces gens ont des attitudes mifigue, mi-raisin, et n’arrivent donc pas à prendre les décisions qui s’imposent. Ce sont des gens pour qui «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil», et dont on ne peut jamais vraiment connaître l’opinion parce qu’ils penchent toujours du côté où souffle le vent. Mon exconjoint, qui a été gestionnaire pendant de nombreuses années, et qui ne souffre pas du tout de ce problème, n’a jamais accepté ce style de gestion, qu’il voyait plutôt comme une façon de se rendre populaire auprès des employés. Cette attitude le mettait hors de lui parce que, à son avis, trop de personnes agissaient ainsi par peur de ne pas être reconduites dans leur tâche ou de ne pas obtenir des promotions convoitées.
 La peur du rejet provient aussi d’une fausse conception que l’on a de la relation et de la fusion comme sources de bien-être et d’épanouissement. Au tout début de notre vie, lorsque nous ne sommes qu’un fœtus en gestation, notre seul point de référence avec l’univers est notre mère. Cet état fusionnel et confortable est essentiel pour nous assurer un bon ancrage dans la matière, mais il ne doit constituer qu’une période transitoire qui nous permettra de voler de nos propres ailes le moment venu. Cet état symbiotique n’est d’ailleurs pas rompu instantanément à la naissance. Ce n’est que graduellement que le tout petit bébé, puis le jeune enfant, finit par réaliser qu’il ne fait pas un avec sa mère. Sur le plan psychologique, cette transition est encore plus longue et s’échelonne sur plusieurs étapes, qui ne sont pas toujours franchies avec succès. Dans certaines tribus, on procède à des rites d’initiation pour faciliter la prise de conscience de l’être en voie de devenir adulte. Ces rites ont pour but de favoriser la transition entre l’état d’enfant pris en charge et celui d’individu responsable, et même profondément seul face à l’adversité. Ces rites peuvent paraître barbares et cruels, mais ils ne sont, en fait, que le reflet d’une réalité qui suivra l’individu tout au long de son existence. On pourrait donc les voir comme une sorte de mise en situation visant à bien équiper le voyageur terrestre.
 Si vous observez votre propre comportement, vous serez peut-être étonné de constater le nombre de vos gestes et de vos choix qui sont conditionnés par la peur du rejet. Agir ainsi pendant un certain nombre d’années n’est pas nécessairement catastrophique. Ce peut même être une façon pour quelqu’un de survivre tout au long de sa vie. Il est par ailleurs sûr que les choix basés sur la peur du rejet ne reflètent pas l’être authentique et ne peuvent pas, par conséquent, être source de joie et de paix. Certaines personnes en arrivent même à se rendre malades, à force de rechercher l’approbation à tout prix; cependant, elles réalisent, en bout de chemin, que les autres ne les apprécient pas plus pour autant. Ceux et celles qui consacrent leur existence à se dévouer pour combattre leur peur du rejet, et qui attendent, en retour, des manifestations de gratitude et d’approbation, se retrouvent toujours le bec à l’eau et le cœur rempli d’amertume. Ils ne comprennent pas que cette façon d’agir ne favorise jamais une communication enrichissante ni ne permet d’entretenir des rapports gratuits, d’égal à égal, avec les gens de l’entourage familial ou professionnel. Les victimes de ces assoiffés d’amour et de reconnaissance ne sont pas éternellement dupes de la situation. Elles finissent toujours par se rendre compte que les bons gestes n’étaient en réalité qu’une façon d’attirer l’attention et de quémander quelque chose en retour. La peur du rejet transforme les personnes qui en souffrent en de véritables spécialistes de la manipulation humaine. Elles vont même jusqu’à dénier l’évidence. Si on les confronte au sujet de leurs véritables intentions, elles sont susceptibles d’argumenter indéfiniment pour démontrer que leur seule motivation était la bonté, la générosité…
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 Ayant exercé la profession d’avocate en droit matrimonial pendant quelques années, j’ai été très souvent à même de constater que bon nombre de femmes ont ainsi consacré la plus grande partie de leur vie adulte à se dévouer, corps et âme, pour leur homme et leur progéniture. Cherchant, de cette façon, à donner un sens à leur existence, et oubliant que leur premier devoir était de s’aimer elles-mêmes, ces femmes ont entretenu l’illusion qu’une vie d’abnégation, de renoncements et de sacrifices leur apporterait éventuellement une belle récolte et une vieillesse paisible. Combien de fois n’ai-je pas entendu de telles femmes, remplies de hargne et de dépit, jeter à la tête du conjoint qui voulait divorcer qu’elles l’avaient torché et enduré pendant des années et qu’elles ne méritaient pas un tel sort. En entendant ces tristes propos, je me suis toujours demandé pourquoi ces femmes avaient persisté si longtemps dans une relation qui, de toute évidence, les réduisait à une perception si négative d’elles-mêmes. Ou, si elles avaient été relativement heureuses au cours de leur vie matrimoniale, pourquoi elles ne pouvaient tout simplement pas conserver le souvenir de ce qui avait été bon et accepter de tourner la page sans ternir le passé. Je réalise aujourd’hui que la peur du rejet, qui a sans doute toujours habité ces personnes tout au long de leur vie de couple, se manifeste encore davantage au moment de la séparation. Lorsqu’elles arrivent à ce carrefour où chacun décide de prendre son propre chemin, elles se rendent compte que tout ce qui donnait un sens à leur vie de sacrifices ne saurait permettre l’impossible retour en arrière à deux personnes qui n’ont plus suffisamment d’affinités pour continuer ensemble. La vie nous oblige à avancer, et le «sur place» finit toujours par nous faire régresser.
 Je ne dis pas que la vie de famille et l’état de parent ne sont pas compatibles avec le mot bonheur, mais ils ne doivent pas être un moyen de combler un vide intérieur et d’échapper à ses devoirs, envers soi-même, d’évolution et de remise en question. Les choix de vivre seul ou en couple, avec ou sans enfants, d’exercer tel genre d’emploi ou tel autre, d’être sportif ou contemplatif ne sont que des variantes dans l’orientation de nos énergies et de nos facultés. Ces choix sont tous bons, mais ne devraient jamais représenter le but ultime de notre existence. Le seul but réel et durable de l’existence de tout être humain est celui d’assumer pleinement sa responsabilité dans l’évolution et le développement de sa conscience.
 L’être humain adulte qui comprend cela accepte qu’il est le seul et unique responsable de son bonheur et le seul maître à bord des «véhicules d’évolution» que sont l’âme, les facultés psychiques et le corps. L’esprit inconscient à qui est offerte la possibilité de s’incarner pour devenir conscient doit éventuellement rencontrer la lumière et la vérité, c’est-à-dire qu’il doit entrer en contact avec toutes les réalités, aussi bien spirituelle que matérielle. Cette rencontre produit en lui un véritable renouveau et supprime à tout jamais la peur maladive du rejet.
 Supprimer la peur du rejet en la transformant en force positive pour apprendre l’art d’aimer véritablement ne veut pas dire que la vie sera sans difficultés ou sans épreuves, comme si l’on flottait sur un nuage rose. Cependant, en apprenant à vivre sans la peur du rejet, on considère ces difficultés et ces épreuves d’un œil nouveau. On ne panique plus devant les coups durs, et on réalise que toutes les ressources nécessaires pour traverser avec succès ces devoirs d’évolution ne sont vraiment disponibles qu’à l’intérieur desoi.
 Dans une conférence, Arnaud Desjardins, auteur bien connu qui a fréquenté de grands maîtres indiens, a déclaré qu’un être humain doit, pour accéder au bonheur, s’arracher de l’illusion qu’il peut éviter la souffrance et la douleur. Il affirme aussi que lutter contre l’expérience nécessaire de la souffrance, comme moyen d’évolution et comme réalité d’une moitié de la vie, c’est en même temps s’empêcher de connaître l’autre moitié, le bonheur. Arnaud Desjardins en arrive à la conclusion que refuser cette réalité de la souffrance et, par conséquent, être constamment dans la peur de cette souffrance, nous maintient dans un état perpétuel de non-bonheur. Il nous invite donc à accepter les épreuves comme une réalité incontournable de la vie et à apprendre d’elles ce qu’elles ont à nous enseigner, tout en sachant que d’autres bons moments nous attendent. Devant cette alternance de joies et de peines successives, l’être humain conscient cesse d’avoir peur et peut vivre intensément et sans arrière-pensées les bons moments comme les moments plus difficiles.
 À mon avis, la seule peur qu’un être humain devrait considérer comme saine et qu’il devrait s’appliquer à entretenir est celle de ne pas se réaliser comme esprit conscient et «autoactif» dans la Création dont il est l’invité. Doté du libre arbitre et ayant l’obligation de se soumettre aux lois de la Création pour s’y mouvoir avec grâce et harmonie, l’être humain pourrait, et devrait, en fait, avoir peur d’être éventuellement rejeté par la vie elle-même s’il n’a pas réussi à devenir suffisamment fort et conscient au terme de ses pérégrinations.
 La meilleure façon de s’acquitter de cette lourde commande existentielle, qui représente par contre l’un des plus beaux défis qu’un être humain puisse relever, est de travailler à comprendre le sens véritable de l’amour. Il faut dire, cependant, que bien peu de gens y sont parvenus. C’est néanmoins ce que je vise. En effet, moi qui suis encore tiraillée par des vestiges de dépendance affective, qui suis toujours aussi vulnérable au romantisme, qui suis encore occasionnellement séduite par des apparences accrocheuses, et très consciente de mes limites intellectuelles quand il est question d’un sujet comme l’amour, j’ai quand même pris la décision de me consacrer à l’apprentissage de l’art d’aimer. Quelle recherche passionnante!
 N’étant pas une experte en la matière, puisque les résultats de ma recherche dépendent de mes essais et de mes erreurs, je suis donc très consciente que mes propos ne sont qu’un pâle reflet de la grande réalité qu’est l’amour. J’ose néanmoins espérer que ce reflet contiendra suffisamment de lumière pour vous permettre de faire un pas de plus dans la bonne direction, ou encore pour confirmer, comme le fait un panneau de signalisation, que le chemin que vous suivez a de bonnes chances de vous conduire à la destination que vous souhaitez atteindre.
 
 

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Aimer
Aimer est un mot qu’on utilise très souvent mais dont on ne connaît pas nécessairement le véritable sens. Tout le monde cherche l’amour mais personne ne le trouve de façon permanente. Il y a une quantité de livres sur l’amour, mais, lorsqu’on en discute avec les gens de notre entourage, on réalise que l’amour, comme art véritable, est plutôt méconnu.
Pour la majorité des gens, aimer consiste à porter, avec plaisir et souvent avec passion, son attention sur une personne, un animal ou même un objet, et à retirer de cet acte d’aimer une satisfaction très gratifiante. Les gens sont pourtant conscients que cet amour n’a pas toujours la même saveur et ils en déduisent qu’ils n’ont peut-être pas trouvé le bon sujet ou le bon objet, susceptible d’actualiser leur potentiel d’amour. En résumé, presque tout le monde est convaincu de sa grande capacité à aimer, mais de nombreuses personnes considèrent ne pas avoir eu de chance «en amour».
 Une constatation intéressante sur cette question d’aimer, c’est que le sujet ou l’objet qui suscite notre amour n’a pas toujours le même effet bénéfique sur nous; on peut même devenir complètement indifférent à lui. L’amour, vu sous cet angle, serait donc un sentiment non permanent, susceptible d’apparaître ou de disparaître au gré de sa fantaisie et des objets qui le stimulent.
 Dans la définition de l’amour que m’ont donnée la plupart des gens que j’ai interrogés, le besoin d’être aimé a aussi une place très importante. Pour certains, aimer sans être aimé en retour est la pire des calamités. Ils se considèrent comme malchanceux parce que le seul être qu’ils aiment ne s’intéresse pas à eux, ne veut donc pas partager leur amour.
 Les histoires de «grand amour», pour utiliser une expression courante, sont donc souvent pathétiques etdéchirantes, et se terminent presque toujours de façon dramatique. Il n’y a qu’à penser aux héros amoureux: Roméo et Juliette, Tristan et Iseult, Lancelot et Guenièvre, ou même le couple du film Love Story, que vient finalement séparer la mort pathétique de la jeune femme, atteinte de leucémie.
 L’amour filial, fraternel ou amical cause moins de remous, mais ces types d’amour ne sont pas pour autant exempts de soubresauts. Pensons, par exemple, aux chicanes de famille à la suite d’un décès. Souvent, les rapports humains changent lorsqu’il y a des enjeux pécuniaires. Quand il est question d’héritage, l’amour s’envole parfois aussi vite qu’un oiseau effarouché.
 Les grands spécialistes de l’amour ainsi que les livres traitant de la question semblent unanimes pour faire une distinction importante entre «aimer» et «être amoureux». Dans son dernier livre, intitulé Je t’aime, le sociologue Francesco Alberoni décrit très bien tout ce qui entoure la passion amoureuse. Il explique ce qui se passe à l’intérieur d’une personne lorsqu’elle fait l’expérience d’être amoureuse ou, comme on le dit fréquemment, lorsqu’elle «tombe en amour».
 L’expression «tomber en amour» (qui est en fait un calque de l’anglais) est plutôt curieuse. Ainsi, sous le mot «tomber», dans le dictionnaire, on renvoie, entre autres, aux verbes suivants: s’affaiblir, diminuer, s’effondrer, descendre, succomber, mourir… Ce ne sont pas làdes mots très évocateurs du sentiment ressenti à l’étapeque le sociologue Alberoni appelle l’état de l’amournaissant, elle-même précédée de l’étape du choc amoureux. On imagine plutôt l’amour comme un état susceptible de faire grandir la personne amoureuse, de l’élever, de la rendre meilleure et de la faire se sentir plus vivante.
 Il semble donc qu’il existe une grande confusion sur la définition de l’amour. L’apprentissage de l’art d’aimer n’est peut-être pas uniquement possible dans les histoires d’amour à l’eau de rose dont on raffole tous, surtout si nous en sommes les héros, mais qui semblent trop souvent se terminer en queue de poisson, en faisant de nous de véritables virtuoses du détachement plutôt que de l’art d’aimer. Ces expériences amoureuses successives, qui nous font douter de notre capacité à aimer, devraient peut-être nous mettre sur la piste de l’amour véritable. Personnellement, j’en suis convaincue. C’est d’ailleurs ce long chemin de Damas qui m’a enfin permis d’entrevoir, avec bonheur, le début d’une perception plus juste de ce qu’est l’amour véritable. Je dis bien le début, car je suis trop consciente du très longchemin qu’il me reste à parcourir pour découvrir pleinement cette réalité grandiose. L’amour, tout comme la justice et la pureté, est un idéal tellement élevé pour nous, êtres humains incarnés, qu’il nous faut travailler avec persévérance et détermination pour y accéder en toute conscience et, surtout, pour arriver à l’intégrer tout naturellement dans notre mode de vie. Mais qui dit ardu ne dit pas impossible. De plus, tout investissement fait en ce sens ne peut que favoriser notre progression spirituelle tout en contribuant à notre qualité de vie, tant sur le plan physique que psychologique. Car, il faut bien se l’avouer, les amours difficiles mais nécessaires, entre la passion et la peur du rejet, ne sont pas une sinécure et nous font perdre quelques plumes au passage. Les quelques rides autour de mes yeux, qui ont tant et tant pleuré, à la suite de chagrins d’amour, pourraient vous en dire long à ce sujet.
 Comment donc arriver à reconnaître ce qu’est l’amour véritable et à devenir virtuose de l’art d’aimer? Tout simplement en décidant de faire de l’amour l’objet de notre attention et de notre apprentissage plutôt que de rechercher compulsivement des sujets ou des objets à aimer. Cette démarche nous amène donc à considérer la capacité d’aimer comme une faculté à développer, et l’apprentissage de l’art d’aimer véritablement comme la voie d’évolution à privilégier entre toutes.
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 Comme dans l’apprentissage de tout art, pour pouvoir progresser dans celui de l’art d’aimer, il faut des connaissances et il faut le pratiquer. Mais où et comment trouver ces connaissances? Malheureusement, il n’y a pas de réponse facile à cette question. S’il existait un seul endroit, bien précis où se tourner, que de long détours et d’expériences douloureuses seraient évités! Il y a cependant des guides et diverses ressources qui peuvent nous aider à cheminer et à accéder graduellement à la connaissance. Mais, comme dans la pratique de tout art, le plus grand maître ne peut être l’interprète à la place de son élève.
 La route n’est donc pas toute tracée et il faut souvent faire des détours contre vents et marées pour accéder au port. Par contre, comme si nous étions sur un bateau, il se trouve toujours quelques phares pour illuminer les nuits les plus obscures. Les écrits sacrés sont quelques-uns de ces phares pouvant nous éclairer en partie. Parfois, aussi, des personnes sont placées sur notre route; si on est réceptif à ces rencontres, on peut en retirer beaucoup. Le best-seller La Prophétie des Andes de James Redfield, explique très bien le phénomène des rencontres qui semblent dues à des coïncidences troublantes. Dans leur recherche de la connaissance, certaines personnes se soumettent à des rites initiatiques avec des grands maîtres. D’autres vont pratiquer assidûment des disciplines exigeant concentration et intériorité, comme certains arts martiaux ou la méditation.
 Tous les chemins mènent à Rome, dit-on. Le simple fait de prendre la décision de connaître ce qu’est l’amour véritable et de faire l’apprentissage de l’art d’aimer est un premier pas dans la bonne direction. Quant aux façons de procéder, elles sont multiples. Cependant, elles ne seront en général efficaces que si elles proviennent d’un choix personnel, libre d’influences intéressées. Imaginons, par exemple, que vous décidez de vous rendre auprès du dalaï-lama en espérant trouver la lumière, mais que cette décision ne résulte pas de votre cheminement intérieur mais d’une proposition de voyage de la part d’une amie. Il est peu probable que vous soyez frappé d’une révélation subite, quoique cela arrive parfois. Comme lorsque l’apôtre Paul, jeté en bas de son cheval, a enfin compris où se trouvait la voie du salut.
 Pour ma part, je crois beaucoup aux lectures et aux rencontres, mais surtout à ce que Thérèse de l’Enfant-Jésus appelait «la petite voie». Cette voie, facile d’accès, consiste tout simplement à demander à Dieu, à votre guide ou à la vie de mettre sur votre route toutes les occasions de comprendre et d’apprendre ce qu’est l’amour véritable. Voici une façon de formuler cette demande: «Je demande à la vie de me faire comprendre le sens de l’amour véritable et de mettre sur mon chemin, au quotidien, gens et événements susceptibles de m’éveiller à cette connaissance. En retour, je m’engage à consacrer l’énergie et la volonté nécessaires pour devenir un virtuose de l’art d’aimer.»
 Cette petite voie a conduit plus d’un être humain à la connaissance de l’amour. On dit que l’amour véritable est gratuit et universel, donc pas seulement dédié à un être unique duquel on est amoureux, et qu’il ne peut jamais se transformer en haine. On dit aussi qu’il est sollicitude, respect, tolérance, et qu’il fait de son interprète un être parfaitement responsable de ses pensées, de ses paroles et de ses actes. On dit enfin que l’amour véritable amène l’individu non pas à faire ce qu’on attend de lui, mais ce qu’il juge opportun et juste de faire. En ce sens, il n’est jamais complaisant et faible.
 L’amour véritable a aussi comme effet de conduire celui ou celle qui le pratique à une connaissance de plus en plus grande de tous les plans de la Création et des êtres qui vivent à l’intérieur de ces plans. Il permet ainsi à la personne qui accepte de s’ouvrir à lui de décupler son potentiel créatif parce que, libérée d’attentes précises, elle peut recevoir pleinement l’inspiration pour accomplir et s’accomplir.
 J’ai le pressentiment que, après m’être investie le temps qu’il faudra dans l’apprentissage de l’art d’aimer, aimer ne sera plus seulement une manière d’agir, mais aussi une manière d’être. Lorsqu’on atteint l’amour véritable, on devient sans doute tout amour soi-même. C’est du moins l’impression que j’ai toujours ressentie en voyant des personnes comme Mère Teresa et Jean Vanier, deux êtres extraordinaires qui semblent avoir trouvé, à travers leurs activités quotidiennes auprès des démunis, le sens véritable de l’amour.
 Le chemin est sans doute long, mais il a ceci de bon qu’il est de plus en plus lumineux, au fur et à mesure que l’on avance, comme si le jour se levait et qu’il annonçait un temps splendide. Il y a, sur cette route, quelques accidents de parcours, des chutes inévitables et des hésitations, mais jamais de retour en arrière. L’air y est de plus en plus pur et le climat, de plus en plus tempéré. On apprécie mieux le chant des oiseaux et la nature. Le contact avec l’humanité est dégagé d’attentes infantiles et les moments de joie profonde sont d’une rare intensité. Graduellement, on se dépouille de la méfiance et de la peur, pour laisser toute la place à la sensibilité intuitive. Pour rien au monde je ne voudrais faire marche arrière, car cette route, j’en ai la certitude, me permettra enfin d’aimer.
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Être aimé
Aimer et être aimé sont deux états que l’on associe très souvent. En fait, comme je le mentionnais précédemment, ils seraient même indissociables pour certaines personnes, qui croient qu’il est impossible d’accéder au bonheur si l’amour n’est pas partagé.
 D’autres personnes ne se soucient guère d’aimer et ne demandent qu’à être aimées inconditionnellement. Elles réussissent parfois à susciter de grandes passions amoureuses, mais sont elles-mêmes rarement satisfaites et heureuses malgré toute l’attention et les cadeaux qu’elles reçoivent. Les personnes qui veulent être aimées sans aimer elles-mêmes ont parfois trop peur qu’en aimant elles soient blessées si profondément qu’elles ne s’en remettraient jamais. Elles ne réalisent pas qu’en agissant ainsi elles s’enlisent dans un gouffre de glace où la communication réelle deviendra de plus en plus rare et d’où elles auront beaucoup de mal à se sortir, même après leur décès. La loi de l’attraction des affinités finit toujours par mettre sur la route d’une telle personne, qui se ferme délibérément à l’amour mais veut malgré tout être aimée intensément, quelqu’un de semblable avec qui la vie sera loin d’être intéressante. Lorsqu’une personne exerce une grande fascination sur une autre et suscite même la passion chez elle mais sans lui rendre cet amour, il en résulte une vie d’enfer, aussi bien pour l’amoureux éperdu que pour l’inaccessible idole. Des personnages tels que Don Juan et Casanova illustrent bien cette situation. C’est aussi l’histoire des grandes séductrices belles et frigides qui ont fait ramper à leurs pieds des hommes fous d’amour pour elles, mais qui, en fin de compte, n’ont jamais été heureuses, malgré leurs innombrables admirateurs. Souvent, de telles femmes se suicident lorsque leur beauté se fane et qu’elles prennent conscience, avec effroi, de leur grand vide intérieur.
 Le besoin d’être aimé est toutefois quelque chose de positif lorsqu’il n’est pas orienté sur une ou des personnes précises, mais est plutôt une préférence ressentie par tout être humain normal. Qui, en effet, ne préfère pas se sentir aimé au lieu de se sentir détesté ou de ne susciter chez l’autre que del’indifférence? Onserait bien hypocrite de prétendre lecontraire et d’essayer de se convaincre que ce besoin n’existepas.
 Mon frère Louis, dont j’ai beaucoup parlé dans mon précédent livre1, et qui m’a aidée dans ma lutte contre la dépendance affective, affirme que le besoin d’aimer et d’être aimé est un besoin fondamental chez l’enfant. Il ajoute que ce besoin ne peut être comblé que dans la mesure où l’enfant aura développé une estime de soi suffisante et que ses besoins de sécurité et d’identité auront été préalablement comblés de façon satisfaisante. Il affirme aussi que, chez l’adulte, le besoin d’être aimé n’existe que comme besoin d’être aimé par lui-même. Pour l’adulte, être aimé par quelqu’un d’autre est donc un plaisir des plus agréables, mais pas un besoin. Lorsqu’on accepte qu’être aimé n’est pas un besoin, même si on peut préférer l’être, on n’a plus peur de ne pas se sentir aimé, ou même de sentir que certaines personnes sont en désaccord avec nous. On ne peut pas plaire à tout le monde, et il vaut mieux être complètement soi-même, au risque de déranger les autres, que de se composer un personnage dans le seul but d’être aimé. Tôt ou tard, les masques tombent et obligent la personne démasquée à affronter la réalité.
 Une grande confusion existe entre le fait d’être aimé et celui d’être désiré sexuellement ou simplement admiré. Cette confusion a toujours été cultivée par les romans et les films d’amour. Elle peut également provenir, pour des personnes ayant été abusées sexuellement, du fait que leur expérience douloureuse constitue leur seul point de repère quant au besoin qu’elles avaient, enfants, d’être aimées.
 Plusieurs personnes croient donc à tort qu’elles ont besoin d’être aimées pour être pleinement heureuses. De plus, elles ne croient satisfaire ce besoin que si elles sentent chez leur partenaire un désir quasi permanent d’avoir avec elles des rapports sexuels. Elles se sentent alors belles, désirables, importantes, magiques, uniques. Elles ne réalisent toutefois pas que le désir de leur partenaire, qui n’exclut pas bien sûr les sentiments profonds, ne saurait jamais, à lui seul, constituer une preuve d’amour véritable. On retrouve aussi, chez plusieurs personnes en mal d’amour, le besoin d’être admirées et approuvées dans tous leurs faits et gestes. Elles ne sont bien qu’en sentant qu’elles ne sont jamais remises en question et qu’elles représentent la perfection pour leur partenaire.
 Le jour où on commence à mieux comprendre ce que signifie aimer véritablement, on transforme aussi sa perception de ce qu’être aimé peut représenter. Je peux très certainement me sentir aimée parce que mon partenaire ou un ami m’aide à faire des prises de conscience sur des aspects plus sombres de mes comportements. De même, si mon partenaire a l’honnêteté de me dire qu’il n’est pas dans un état d’esprit pour avoir un rapport sexuel, je peux me sentir très aimée en voyant dans son attitude beaucoup d’authenticité et de confiance dans ma capacité d’accueillir sereinement ce qu’il vit. La communication est cependant essentielle si l’on veut bien comprendre les gens autour de soi et être compris par eux.
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Être écouté
On dit que savoir écouter est un art difficile, mais apprendre aux autres à nous écouter m’apparaît aussi un défi de taille. Évidemment l’apprentissage de l’un a des répercussions sur l’autre.
 Tout comme être aimé, être écouté n’est pas un besoin fondamental de l’adulte. C’est cependant quelque chose d’essentiel pour qui veut établir une communication authentique et pour qui veut permettre à son interlocuteur de bien saisir ce qu’il est et ce qu’il pense. Un couple qui ne communique pas de façon authentique, malgré un grand respect et l’absence de disputes houleuses, a peu de chances de survivre, car les deux personnes en cause s’enfoncent toujours plus loin dans leur monde inaccessible. Elles finissent par ne parler que des enfants ou de l’organisation de la maison. Il est triste de voir ainsi deux personnes, qui ont cheminé côte à côte pendant des années, ne pas avoir le courage de s’ouvrir et de risquer l’intimité. Il arrive toujours, dans ce processus, un point de non-retour qui mène directement à la fin du voyage à deux. Même devant l’inévitable, les deux personnes demeurent aussi coincées qu’avant. Elles sont incapables de faire les gestes nécessaires à leur libération réciproque. Puisqu’elles ne peuvent plus avancer, elles font du sur-place et se condamnent irrémédiablement à ce qu’Alberoni appelle l’état de pétrification. C’est ce qu’on appelle aussi devenir des morts vivants. Quel triste destin pour une simple lacune de communication et d’authenticité! La peur du rejet est sans doute un puissant facteur sous-jacent à cette absence de communication, particulièrement chez ceux qui ont des enfants qu’ils ne veulent pas perturber. Malheureusement, ces personnes ne réalisent pas que l’absence de communication et l’indifférence sont souvent plus néfastes que le fait d’avoir parfois quelques altercations, suivies d’un témoignage réel d’amour et d’affection.
 Être écouté par un grand nombre de gens est certainement une expérience intéressante et enrichissante. C’est le cas, par exemple, des personnes qui donnent des conférences ou qui publient des livres. J’entendais récemment le psychologue Guy Corneau dire que le fait d’écrire et de donner des conférences l’obligeait à préciser sa pensée et à mobiliser son énergie pour être plus centré et plus présent, notamment lors des conférences. Je comprends très bien son point de vue puisque je vis sensiblement la même chose. Je réalise en effet à quel point le fait d’être lue et écoutée m’amène à un travail intense sur moi-même et sur mon mode de vie. Noblesse oblige, comme on le dit souvent.
 À ce propos, je voudrais faire une petite mise au point et demander aux gens de faire preuve d’une certaine tolérance à l’égard de ceux et celles qui ont décidé, soit par leurs écrits ou par des conférences, de partager leur cheminement et de fournir quelques outils pour favoriser la croissance personnelle. Ces personnes, imparfaites comme nous le sommes tous, peuvent éventuellement faire des faux pas, ce qui suscite descommentaires désobligeants, du style «cordonnier mal chaussé». Le fait d’agir, d’écrire et de parler rend une personne très vulnérable à cet égard, mais il est évident qu’en ne faisant rien on ne risque jamais de commettre des erreurs.
 De façon générale, apprendre à écouter n’exige qu’une chose, simple mais capitale, de la part de l’interlocuteur: c’est d’apprendre à se taire et à ne pas interrompre la personne qui parle. Atteindre ce contrôle de soi est déjà une garantie de bonne écoute. On a trop tendance, lorsqu’une personne nous parle, à vouloir mettre notre grain de sel, à intervenir par des commentaires ou des conseils, à la remettre sur le bon chemin si l’on juge qu’elle n’est pas sur la bonne voie. On adopte probablement cette attitude négative parce qu’on n’a jamais appris à écouter, mais peut-être aussi parce qu’on n’a jamais fait l’expérience d’être soi-même écouté véritablement.
 Écouter véritablement nous amène à porter attention au point de vue de l’autre personne et à retenir ce qui l’habite. Ainsi, dans une prochaine conversation avec la même personne, on pourra se mettre à son diapason et lui poser des questions sur des éléments qu’elle a déjà abordés et dont on se souvient parce qu’on était très attentif à ses propos. Par contre, si on ne l’écoute que d’une oreille distraite en cherchant des réponses et des solutions à son problème, on s’empêche de se mettre en contact avec le senti de la personne; de plus, on ne l’aide d’aucune façon à trouver en elle-même ses propres solutions.
 Réussir à être écouté peut aussi résulter d’une démarche au cours de laquelle on a appris comment devenir intéressant. Cela peut vous sembler surprenant que j’affirme une telle chose, mais c’est la base même du succès des personnes les plus écoutées. Se rendre intéressant signifie, entre autres, tenir des propos utiles pour les autres et non seulement se raconter soi-même juste pour se vider le cœur. Se soulager, à l’occasion d’un trop-plein d’émotions en en parlant avec quelqu’un peut s’avérer utile, mais ce ne doit pas être la base générale de nos propos.
 Se rendre intéressant implique aussi de la disponibilité et de la patience, parce qu’il faut investir du temps et de l’énergie pour expliquer et répéter au besoin. Des notions auxquelles on réfléchit depuis longtemps peuvent être tout à fait nouvelles pour notre interlocuteur. Prendre le temps de répondre aux questions qu’il se pose, et non à celles qu’on s’imagine qu’il pourrait poser, amènera très certainement cet interlocuteur à écouter religieusement. En accordant un intérêt sincère aux personnes qui prennent le temps de nous écouter, on devient soi-même une personne intéressante à écouter.
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 Je pense, par exemple, à des conversations qu’il m’arrive d’avoir avec des spécialistes de l’informatique. Ces derniers ont souvent beaucoup de difficulté à se mettre au niveau d’un profane en ce domaine. Ils vous étourdissent avec des notions qui paraissent, à vos yeux, aussi complexes que le chinois, mais qui pour eux sont aussi simples que deux et deux font quatre. Dernièrement, j’en ai eu ras le bol de me faire dire, avec un petit sourire narquois: «Mais voyons, Michèle, tu ne sais pas cela? C’est pourtant bien simple!» J’ai donc décidé de contreattaquer, avec humour, en demandant à mon cher spécialiste de l’informatique: «Dis, est-ce que c’est facile pour toi d’écrire un livre ou de jouer du piano?» Tout étonné et déstabilisé par ma question, il m’a répondu que faire de telles choses ne pouvait pas être facile puisqu’il ne les avait jamais apprises. Toute fière de mon idée, j’ai enchaîné, toujours avec le sourire: «Mais voyons donc, tu n’as jamais appris cela? Ce n’est pourtant pas si difficile!» Je pense qu’il a compris le message. Depuis, il est beaucoup plus attentif à mes besoins qu’à son désir inconscient d’étaler ses connaissances.
 Les intervieweurs de la télévision exercent toujours sur moi une grande fascination. J’aime observer jusqu’à quel point ils sont vraiment attentifs aux réponses de leur invité. Dirigent-ils l’entrevue en fonction des réponses de celui-ci? Ou, au contraire, poursuivent-ils l’entrevue en posant des questions déjà prévues, ne laissant aucune place à l’improvisation et à la spontanéité? Mme Jeanette Biondi est une personne que j’ai toujours trouvée particulièrement attentive et très douée pour les entrevues dynamiques; malheureusement, ça fait longtemps que je ne l’ai pas vue à la télévision. Je n’oublierai jamais son entrevue avec Yves Duteil. Elle a émis l’opinion que ce devait être difficile pour sa conjointe de vivre dans son ombre; en effet, celle-ci l’accompagnait toujours mais n’était jamais présente sur scène ni pendant les entrevues avec les journalistes. Duteil lui a répondu, avec son plus beau sourire: «Mais elle n’est pas du tout dans mon ombre, c’est plutôt moi qui suis dans sa lumière.» Mme Biondi fut très certainement étonnée de cette réponse, mais pas désarçonnée. Au contraire, elle a enchaîné de façon extraordinaire en disant que c’était là un beau témoignage d’amour que toutes les femmes de la terre aimeraient sans doute entendre prononcer par leur conjoint. C’est ce que j’appelle une écoute intéressante!
 Ma mère disait souvent que la meilleure façon de se rendre intéressant, en conversant avec une personne,était de lui parler d’elle-même ou d’un sujet qui l’intéressait. Je suis persuadée qu’elle avait raison. Le courrier que je reçois en rapport avec mes livres me confirme d’ailleurs cette opinion de maman. Plusieurs personnes disent qu’elles se reconnaissent tellement àtravers mes propos qu’elles auraient pu écrire lelivreelles-mêmes. Ces commentaires m’encouragent à continuer de servir, d’une certaine façon, de miroir, un peu comme le fait un thérapeute en relation d’aide.
 Ma mère, qui était d’une grande sagesse, prétendait aussi qu’une bonne façon d’être apprécié par quelqu’un est de mettre cette personne en valeur. Je la soupçonne cependant d’avoir, à l’occasion, utilisé cette stratégie pour n’en faire qu’à sa tête, par exemple lorsqu’une de mes belles-sœurs lui suggérait de se pomponner un peu quand elles allaient au restaurant. Maman, qui aimait plus être à l’aise que coquette, lui a un jour répondu: «Vois-tu, Martine, si je suis moins bien mise et moins jolie, les gens te remarqueront encore plus. C’est toi qui sera la reine, même si c’est moi qui porte le nom de Marie-Reine.» Chère maman, quelle petite futée elle était malgré ses airs d’humilité et de discrétion.
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Être reconnu
L’un des meilleurs antidotes contre la peur du rejet, c’est d’être reconnu. Pas besoin de s’appeler Jacques Villeneuve, Céline Dion, Claudia Schiffer ou Robert de Niro pour atteindre cet objectif. Vous n’avez qu’à vous distinguer dans un domaine qui vous intéresse ou par une attitude plaisante envers les gens de votre entourage. Par exemple, on remarque toujours une personne ponctuelle et on apprécie le respect qu’elle démontre pour les autres.
 En général, une personne se distingue par le métier ou la profession qu’elle exerce et, surtout, par sa compétence. Beaucoup de gens sont aussi reconnus pour leur empathie envers leurs clients et leur façon d’humaniser leurs services. La diligence, le sens des responsabilités, la précision du travail accompli et même l’aspect esthétique de ce travail sont autant de qualités très appréciées, aussi bien par les clients que par les collègues.
 Personnellement, cela me fait toujours chaud au cœur d’entendre mes clients dire qu’ils ne savaient pas que des fonctionnaires pouvaient être si engagés dans leur travail et si affables. Lors du dernier Salon du livre de Montréal, une personne dont j’avais eu à régler le dossier quelques années auparavant est venue me voir, accompagnée de ses enfants, qu’elle tenait à me faire rencontrer. Elle me remercia chaleureusement pour la qualité de mon travail et pour la manière dont nos échanges s’étaient déroulés à l’époque. Je fus très touchée par ce témoignage qui me fit réaliser que, si la satisfaction du travail bien fait est très importante, l’appréciation de ce travail ajoute évidemment à ce plaisir. Je reçois souvent ce genre de témoignages, par téléphone ou par écrit. Les personnes qui prennent la peine de souligner le bon travail des autres sont de véritables rayons de soleil dans la journée de celui ou celle qui reçoit le témoignage. On a malheureusement tendance à se manifester plus rapidement lorsque le service est mauvais et à se taire lorsque tout va pour le mieux. Il suffit pourtant de si peu pour exprimer sa reconnaissance à quelqu’un qui le mérite.
 Le fait d’être apprécié est donc très gratifiant et permet de combattre efficacement la peur du rejet. Par exemple, si une personne ne vous apprécie pas spécialement ou ne tient pas à votre amitié, mais que d’autres gens vous témoignent de la reconnaissance pour votre travail ou autre chose, vous serez moins affecté par son attitude. Le besoin d’être reconnu par une personne en particulier est directement lié à la dépendance affective et vide de son énergie l’individu aux prises avec ce désir irréalisable. En effet, les dépendants affectifs ont tendance à s’arranger pour être éventuellement rejetés.
 Il y a un phénomène intéressant à observer au sujet de la satisfaction que ressent une personne lorsqu’elle se sent reconnue. On constate que le degré de satisfaction ressentie n’est pas nécessairement proportionnel à la notoriété du fait reconnu ou à la quantité de personnes qui expriment leur reconnaissance. En effet, une personne peut ressentir autant de joie à être reconnue comme la meilleure cuisinière de tartes aux pommes du quartier qu’une autre qui s’est distinguée par une réalisation plus spectaculaire. Par ailleurs, le degré de satisfaction est directement proportionnel à l’intérêt que la personne porte elle-même aux faits et gestes qui font qu’elle est appréciée, ainsi qu’à l’énergie qu’elle y a consacrée.
 Il y a des milliers de façons d’être apprécié. Mon frère Louis, par exemple, raffole de la danse et fréquente souvent des lieux où les danseurs masculins sont plutôt rares. Inutile de vous dire que sa compagnie est recherchée. Sa bonne humeur et ses talents de danseur sont très appréciés.
 D’autres personnes sont reconnues pour leurs magnifiques réalisations horticoles, qui font le ravissement de tout le voisinage. Je suis certaine que vous pourriez me citer de nombreux exemples, parfois tout simples, de gens qui se démarquent et dont on parle positivement. Il suffit de peu de chose pour apporter un peu de joie autour de soi et amener les autres à apprécier ce que l’on est et ce que l’on fait.
 Plus une personne accomplit des actions concrètes directement liées à ses talents et à ses valeurs profondes, plus elle est heureuse et dégage des vibrations positives. Le fait d’être reconnu constitue aussi un stimulant qui pousse au dépassement. Dès qu’on dit à quelqu’un qu’on le trouve bon, il veut être meilleur. Si on lui dit qu’il s’est amélioré, il visera encore plus haut, jusqu’à atteindre un jour l’excellence. Au fond, en reconnaissant les autres et leurs talents, on se fait à soi-même un beau cadeau!
 

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Donner au lieu d'attendre quelque chose des autres
La meilleure façon d’être déçu et de se sentir rejeté, c’est de demander aux autres de nous procurer quelque chose qui ne vient jamais. En se plaçant ainsi dans une position d’attente perpétuelle, on devient un petit peu plus frustré et aigri chaque jour.
 Changer cette situation est aussi simple que dire bonjour. Il faut apprendre à donner, tout simplement. Lorsqu’on est toujours en attente de quelque chose, on n’a aucun contrôle sur les événements. De plus, on peut en arriver à penser que les personnes de qui on attend quelque chose n’ont pas d’estime et de considération pour nous.
 On dit souvent qu’en donnant on reçoit beaucoup. C’est tout à fait exact en ce sens que le plaisir ressenti à partager avec quelqu’un d’autre, qu’il s’agisse de biens matériels, de connaissances ou de travail, est en soi quelque chose de gratifiant. Mais ce que l’on reçoit le plus, en apprenant à donner au lieu d’attendre, c’est du bon temps pour être heureux. On fait, somme toute, d’une pierre deux coups. Les personnes qui attendent sans cesse passent des heures à ruminer leur inquiétude, leur colère ou leur peine parce qu’elles se sentent délaissées ou pas respectées. Elles perdent ainsi un temps précieux qui pourrait leur apporter tellement de bonnes choses si elles apprenaient à changer leurs attentes en préférences, et à diriger leur énergie sur l’action de donner.
 Il n’est pas toujours nécessaire de donner de l’argent ou des biens matériels pour se sentir heureux. Des tas de gens font, durant leurs congés, de l’écoute téléphonique pour personnes en détresse. D’autres vont servir des repas dans des centres pour démunis ou dans des foyers pour personnes âgées.
 Il est utile de développer cette faculté de donner, non seulement auprès d’étrangers, mais aussi et surtout avec nos proches. Nos plus grandes frustrations quant à des attentes insatisfaites viennent la plupart du temps des gens qui nous sont chers et dont on espère des comportements trop précis. Non seulement nos attentes sont-elles trop précises, on a l’audace de souhaiter que nos parents et amis les devinent et accourent pour les combler. Évidemment, neuf fois sur dix, cela ne se produit pas et on est frustré.
 Si, par exemple, vous rêvez de recevoir une carte de souhaits pour votre anniversaire ou pour Noël, prenez les devants et envoyez vous-même de telles cartes aux gens que vous appréciez et à qui vous avez envie de dire: «Je pense à toi.» Vous aurez ainsi de bonnes chances de recevoir aussi une carte à votre anniversaire. Mais, même si cela ne se produit pas, vous ne serez pas vexé parce que vous aurez découvert que le plaisir de trouver la carte appropriée et de transmettre ses bons vœux est tout aussi amusant qu’en recevoir.
 Donner de son temps pour aider des collègues de travail ou de jeunes enfants avec leurs travaux scolaires génère aussi beaucoup de satisfaction. De tels dons de soi répondent au besoin de partage qu’éprouvent la plupart des adultes.
 Certaines personnes sont de véritables encyclopédies vivantes, mais gardent jalousement leur savoir comme s’il s’agissait d’un trésor à cacher. On dirait qu’elles ont peur d’être dépassées ou remplacées si ellespartageaient leurs connaissances. C’est vraiment dommage parce qu’en agissant ainsi elles s’isolent dans leur petit monde et ne participent pas à élever le niveau de conscience et de savoir de leur entourage. Chaque être humain n’est peut-être qu’un tout petit grain de sable ou une goutte d’eau dans l’océan. Mais des milliards de grains de sable ou de gouttes d’eau réunis constituent un tout imposant.
 Apprendre à donner plutôt qu’à recevoir est utile dans toutes les sphères de notre vie et a toujours des répercussions positives. La personne en attente sur le plan sexuel, par exemple, pourrait être créative et décider d’offrir un bon massage à son partenaire, établissant ainsi un contact affectif qui est souvent plus important que l’acte sexuel lui-même. Faire les premiers pas, dans ce domaine comme dans d’autres, en acceptant de donner sans attentes précises et en mettant son orgueil de côté, finit toujours par rapporter des dividendes.
 Offrir le gîte à des personnes pour leur éviter des frais d’hôtel peut faire vivre des expériences très enrichissantes. Je connais un couple qui accueille chaque année des jeunes musiciens inscrits à des concours nationaux ou internationaux. Ils profitent ainsi d’échanges culturels intéressants, et de beaux concerts dans leur maison.
 Apprendre à donner est aussi la seule façon d’apprendre à recevoir, aussi paradoxal que cela puisse paraître. Une personne qui ne donne jamais et qui est en perpétuelle attente de quelque chose n’est jamais disposée à recevoir ce qu’on lui offre parce que cela ne correspond jamais exactement à ce qu’elle avait imaginé. Une personne qui ne donne pas n’a jamais été en mesure d’observer la réaction de celui qui reçoit ni de ressentir les émotions que cette réaction peut créer chez celui qui donne. Elle est donc toujours gauche, parce qu’elle est la plupart du temps déçue, et elle cache évidemment mal sa déception. Une telle attitude n’incite bien sûr pas celui ou celle qui voulait lui faire plaisir à récidiver, et elle s’enlise encore plus loin dans le gouffre.
 En conclusion, pour se débarrasser de la peur du rejet, ou du moins l’amoindrir considérablement, il faut faire l’apprentissage de l’amour véritable, apprendre à écouter et comment se faire écouter, utiliser ses ressources pour être reconnu et, enfin, donner plutôt qu’attendre quelque chose des autres. La peur du rejet, c’est un poison mortel, incompatible avec le bonheur. Décider de travailler avec patience et détermination pour la combattre ne la fait pas disparaître instantanément. Cependant, comme on le dit souvent: «Petit train va loin.» Vite, dépêchez-vous de quitter la gare et donnez du carburant à votre locomotive! Plus tôt vous partirez, plus tôt vous arriverez à destination.

http://www.michelemorgan.ca/page-rejet.htm#haut


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MessagePosté le: Dim 17 Jan - 00:26 (2010)    Sujet du message: Publicité

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clevi



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Inscrit le: 23 Oct 2010
Messages: 6

MessagePosté le: Sam 23 Oct - 13:05 (2010)    Sujet du message: La peur du rejet Répondre en citant

Merci pour ces explication chaneline:)
Moi je n'ai pas peur du rejet. J'aspire à aimer autant que d'être aimée. Je donne beaucoup pour justement apporter ma pierre à l'édifice et me sentir mieux. Je n'ai pas peur de rpendre des risques et d'être rejetée plutot que de rester en attente.
Mais le résultat c'est qu je suis toujours rejetée...peu importe...je me demande si je suis pas maso...
Donc ne pas avoir peur d'être rejetée c'est une chose mais ne pas souffrir de l'avoir été, ça en est une autre.


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 02:53 (2018)    Sujet du message: La peur du rejet

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